Débord-Déroute

J’ai commencé à photographier des stations services il y a 4 ans, avec un besoin d’accumuler des images des lieux de mon enfance, j’ai développé une forme d’obsession pour ces géants de tôles qui abritent et remplissent. Très inspirée par le travail de Ed Ruscha (Twentysix Gasoline Stations) aux Etats-unis ou de Hans et Hilla Becher en Allemagne. Je me fraye un chemin à la recherche de stations services en déclins. Celles qui m’intéressent le plus sont les plus usées, les stations à l’abandon qui dépérissent lentement sur le bord de la route. Une station service vieillit mal, la structure industrielle résiste peu aux intempéries et au manque d’entretien. C’est là qu’elle devient belle. Cet état des lieux un peu triste et silencieux représente des espaces qui me sont propres, qui me sont chers. J’écume les routes, les rues, les chemins et tombe régulièrement sur ces petites zones perdues que plus personne ne regarde. Au travers des stations services, c’est tout le champ lexical du voyage qui s’ouvre par son prisme. La localisation n’a pas d’importance, seule l’ambiance du moment de la prise de vue compte, il m’arrive d’attendre une heure que le vide se crée dans le champ de l’image pour que le charme opère. 

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